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Cène du Seigneur
Jeudi Saint 2 avril 2026
Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, amen.
Mes bien chers frères et sœurs,
Mes très chers fils,
Le Jeudi Saint est un jour où la fête se mêle à la peine. Nous nous préparons avec le Seigneur à la nuit d’angoisse qu’il va traverser, et au jour de ténèbres où le mystère du mal semblera vaincre. Mais ce soir aussi, Jésus fait à l’Église un double cadeau inestimable : celui du sacerdoce et celui de l’Eucharistie, par lesquels il prolonge à jamais sa présence sur la terre. Quelle joie !
Dès les premières générations de chrétiens, le contact aisé avec la messe et les prêtres a pu induire une accoutumance qui n’aperçoit plus la merveille de ce cadeau. Déjà saint Paul a dû vigoureusement rappeler aux Corinthiens la réalité du mystère eucharistique et de la présence du Seigneur. Nous venons de l’entendre :
La nuit où il était livré, le Seigneur Jésus prit du pain, puis, ayant rendu grâce, il le rompit, et dit : « Ceci est mon corps, qui est pour vous. Faites cela en mémoire de moi. » Après le repas, il fit de même avec la coupe, en disant : « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang. Chaque fois que vous en boirez, faites cela en mémoire de moi. » Ainsi donc, chaque fois que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous proclamez la mort du Seigneur, jusqu’à ce qu’il vienne. Et celui qui aura mangé le pain ou bu la coupe du Seigneur d’une manière indigne devra répondre du corps et du sang du Seigneur (1 Co 11, 23-27).
Ce soir nous est faite la grâce de nous laisser à nouveau saisir par cette proximité du Seigneur. La liturgie exprime ce mystère. En certaines grandes fêtes de l’année, le texte vénérable du canon romain est un peu modifié et expose en quelques mots ce qui est célébré. Ainsi, la prière Hanc igitur a une formule propre ce soir. Elle présente à Dieu l’offrande du pain et du vin qui seront consacrés. Leur substance va être changée au Corps et au Sang du Seigneur. Cette prière fait aujourd’hui mémoire du « jour où Notre Seigneur Jésus Christ a confié à ses disciples la célébration des mystères de son Corps et de son Sang ».
Alors, avec l’Église, regardons avec gratitude le don du sacerdoce et de l’Eucharistie. Jésus a voulu donner à son peuple, des prêtres dont la première mission est de perpétuer son sacrifice pour diffuser la vie et la lumière qu’il nous a données. Sur l’autel, c’est le sacrifice de la Croix et le mystère de la Résurrection du Seigneur qui sont rendus présents. Quels remerciements montent de nos cœurs vers Dieu pour les prêtres. Ils nous donnent Jésus. À la suite de Jésus, ils ont offert leur vie entière, dans une consécration complète, au service de ce mystère de vie. Les prêtres sont Jésus qui vient aujourd’hui nous porter le salut. Chaque baptisé est revêtu d’un sacerdoce commun et royal qui lui permet d’offrir à Dieu une adoration spirituelle unie à celle du Christ. Le sacerdoce des prêtres se distingue du sacerdoce baptismal non seulement par degré mais même par essence.
Depuis leur ordination, ils reçoivent continuellement une grâce particulière pour demeurer fidèles au don qu’ils ont fait d’eux-mêmes. L’Église est invitée à prier pour qu’ils accueillent cette grâce sans égoïsme. Ils agissent « in persona Christi — dans la personne du Christ » quand ils prononcent les paroles de la consécration. Et par eux, nous pouvons adorer le Christ dans son Eucharistie, et le recevoir avec fruit.
Dans la participation à la messe, Dieu met à notre disposition tout ce qu’il faut pour lui rendre un culte parfait. En effet quand nous communions, malgré toutes nos infirmités, nous sommes unis au Verbe qui est la Louange parfaite et éternelle du Père. Bien sûr, une âme séparée de Dieu par un péché mortel ne peut accéder à l’Eucharistie avant d’avoir reçu son pardon dans le sacrement de pénitence. Mais si nous sommes en état de grâce, nos communions rendent chacune grande gloire à Dieu. À chaque communion, nous nous approchons avec confiance et ardeur, nous nous unissons au Christ, souffrant et ressuscité, présent dans l’Hostie. Nous recevons même le pardon de nos péchés véniels et une remise de la satisfaction due au péché. Dans le Seigneur eucharistie, nous pouvons offrir à Dieu une louange appropriée, et nous pouvons intercéder pour les intentions que nous portons. N’hésitons pas à offrir nos communions pour telle ou telle intention qui nous est chère, en même temps que pour les intentions de toute l’Église et celles de la Vierge Marie.
Que la Vierge Immaculée nous enseigne à communier, elle qui a sans aucun doute communié aux messes que célébrait saint Jean.
Amen.