Histoire de l’Abbaye

 

L’ABBAYE de TRIORS a été fondée en 1984 par l’abbaye Notre Dame de FONTGOMBAULT , et par cette filiation, elle fait partie de la Congrégation de Solesmes. C’est dire ainsi qu’elle participe à la vie bénédictine (Saint Benoît, +547 ) dans la version restaurée qu’en donna Dom Prosper GUÉRANGER au XIX°s après la Révolution : à l’époque, le Saint Siège l’honora de l’appellation, fils authentique de Saint Benoît.

BENOIT (480-547) originaire de Nursie (Italie) a organisé la vie monastique en Occident. Héritier des Pères du désert (Égypte et Palestine), il écrivit une règle des moines remarquable de discrétion et riche d’enseignements (Saint Grégoire le Grand, Vie, c.XXXVI). Ayant connu d’abord la vie érémitique dans la grotte de Subiaco, à quelques lieux de Rome, il devint bientôt une lampe que Dieu lui-même plaça sur le chandelier (id° c.1), attirant par le simple éclat de ses vertus. Tourné et occupé de l’Unique Nécessaire, il devint le père d’une multitude, témoin irrécusable de la fécondité d’une vie consacrée à la recherche de Dieu seul. Concevant ses monastères comme des foyers de prière et d’étude, il assura ainsi la sauvegarde du riche patrimoine culturel du passé que menaçait la barbarie qui s’installa sur les décombres de l’Empire romain. Saint Benoît contribua ainsi en grande partie à la construction de l’Europe chrétienne. Le pape Paul VI l’a nommé pour cela Patron de l’Europe.

Dom Louis Prosper Pascal GUÉRANGER (1805-1875) restaura la vie bénédictine en France après la Révolution, en relevant l’abbaye de Solesmes (Sarthe). Sous son impulsion vigoureuse, la liturgie romaine s’imposa en France, il contribua largement à la définition du dogme de l’Immaculée Conception par le bienheureux Pie IX en 1854, quatre ans avant les apparitions de Lourdes où la Très Sainte Vierge Marie s’est faite connaître sous ce nom. La Congrégation de Solesmes (dont fait partie TRIORS) a essaimé en divers pays et continents, témoignant de la vitalité de son fondateur. Elle a hérité de lui en particulier une tendre dévotion envers le doux amour de Dieu et des hommes, la Vierge Marie, et un attachement inconditionnel au Pape, Vicaire du Christ sur la terre.

La Congrégation est héritière des anciennes Congrégations de Cluny, de saints Vanne et Hydulphe et de saint Maur. Elle a pour patronne céleste la Très Sainte Vierge Marie, précisément dans le mystère de son Immaculée Conception. L’abbaye de Triors l’a donc comme patronne à un double titre.

La fondation s’installait dans un château des XVII-XVIII°siècles qui plonge ses racines dans une histoire locale très riche. La présence romaine a laissé des traces dans les villages voisins de Châtillon-Saint-Jean et de Saint-Paul-lès-Romans, et un premier château défendait la région, perché sur sa colline et surveillant tout mouvement dans cette partie de la vallée de l’Isère. L’actuel château se ressent du Grand Siècle et des splendeurs de la fin de l’ancien Régime. Il n’est pas sans faire penser aux bâtiments qu’à la même époque construisait la Congrégation bénédictine de Saint Maur.

Mais bien avant ce temps, les moines avaient déjà posé dans la région leurs petits cailloux-repères. Romans sur Isère, la localité voisine à 8 Kms au sud-est, avait été fondée par saint Barnard, qui quitta son évêché de Vienne pour établir aux confins de son diocèse, en terre libre, romaine, une vie toute consacrée à Dieu et libérée des contraintes imposées par le pouvoir de ce temps-là. On y pratiqua la Règle de saint Benoît, avant que des chanoines ne succèdent aux moines. Un peu au Nord de TRIORS, les croisades eurent une conséquence inattendue : les reliques du grand saint Antoine, le patriarche de tous les moines, furent amenées et installées dans un prieuré voisin dépendant de l’abbaye provençale de Montmajour. Ce lieu prit le nom de saint Antoine et devînt un lieu de pèlerinage qui perdure encore en notre siècle. Enfin, cette fois-ci en notre temps, Marthe Robin vécut à Châteauneuf-de-Galaure, à 20 km à l’Ouest de Triors, et en elle, la Providence ne cesse de rappeler la primauté de la grâce dans notre histoire : même leçon que la vie monastique.

Les reliques de saint Antoine sont ramenées vers 1070 de Constantinople en Dauphiné par Geilin, Seigneur local, lors de son retour de pèlerinage en Terre Sainte. Elles sont déposées au village de La Motte aux Bois qui prend alors le nom de Saint-Antoine. En 1088, des bénédictins sont dépêchés de Montmajour pour surveiller la construction de l’église qui doit abriter les précieuses reliques et assurer l’accueil des pèlerins. Il est fondé par ailleurs, une maison de l’Aumône, par des sœurs et des frères hospitaliers au service des pauvres et des malades, plus particulièrement de ceux atteints du Mal des Ardents. En 1297 les bénédictins cèdent la place, dès lors, la Maison de l’Aumône est érigée en Abbaye et les hospitaliers deviennent chanoines réguliers de Saint- Antoine : les Antonins.

 

 

MARTHE ROBIN (1902-1981) a vécu l’essentiel de sa vie alitée et paralysée, mais revivant chaque semaine la Passion du Sauveur dans sa ferme natale de la Galaure (Drôme). Miracle vivant de la grâce, elle ne pouvait ni se nourrir (sauf de la sainte Eucharistie), ni dormir. Elle eût un rayonnement extraordinaire sur tous ceux qui l’approchèrent, par des paroles très simples et le silence de sa compassion. Elle fonda ainsi le Foyers de Charité, présents actuellement dans 70 pays. Son procès de béatification est engagé à Rome. Elle a su avant sa mort le projet de fondation monastique et s’en est réjouie.

De façons diverses, ces illustres voisinages préparaient le château à devenir monastère, d’autant plus que ce fut un chanoine de Romans, Charles de Lionne, qui décida de sa construction et que ce chanoine l’entreprit en grande partie grâce à des fonds monastiques : entre autres charges, il était en effet abbé commendataire de Saint-Calais (Sarthe) dont, par voie de conséquence, il touchait les revenus. L’abbaye qui lui succède maintenant se fait désormais un devoir de prier pour lui et sa famille le jour anniversaire de sa mort (16 Août 1700).

La famille de Lionne dut céder le domaine au XVIII°s. Par la suite, il fut acquis par les Bourchenu, devenus par le mariage de la fille, Gratet du Bouchage. Le château eut toujours à cœur d’être à la pointe du progrès économique, tout en subissant les vicissitudes successives des temps (betterave sucrière durant l’embargo lié aux guerres napoléoniennes, mûriers en vue des vers à soie, culture du maïs avec les premiers arrosages de grande surface…).

La divine Providence préparait ses voies à travers les épreuves diverses subies par la famille du Bouchage. Au lendemain de la première guerre mondiale, la branche habitant le château n’avait plus d’espoir de succession directe. L’idée germa doucement de maintenir le domaine agricole en vue d’y attirer la vie monastique. Solesmes fut sollicité en ce sens au lendemain de la seconde guerre mondiale, mais c’était alors l’époque de la fondation de FONTGOMBAULT. En 1984, c’est cette fondation de Solesmes qui, mûrie rapidement, réalisa le grand projet.

FONTGOMBAULT, Fons Gombaudi, la Source de Gombault n’était à l’origine, vers l’an mil, qu’une grotte d’ermite -Gombaud ou Gombault- surplombant la Creuse où la résurgence d’une source a contribué à fixer ce nom. À l’ermite succéda une communauté sous la direction de Pierre de l’Étoile qui, en 1091, fonda l’abbaye appelée à un grand développement. La guerre de Cent ans, puis la Commende et la révolution faillirent avoir raison de son existence, mais au XIX° siècle, puis à la moitié du XX°, elle est renée de ses cendres. Fons amoris, Fontaine d’amour (sa devise) a fondé Quatre monastères en France et un aux USA.

C’est Mademoiselle Josepha du BOUCHAGE qui fit entrer le projet dans sa phase décisive. Avec elle, entrait en scène une personnalité hors du commun : danoise venue au château à seize ans, au cours des années vingt, afin d’apprendre le danois à la jeune fille de la maison, elle en devint la fille adoptive, dans son ombre, et eut à diriger la suite de l’histoire du château à la mort de l’héritière en 1976. Il fallait démêler de complexes soucis de famille, et cela ne se fit qu’avec la Providence qui opéra les rapprochements par ses voies à Elle. Mademoiselle Josepha est décédée en avril 2000, témoin des premiers beaux développements du monastère.

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