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Solennité de la Fête Dieu
Jeudi 4 juin 2026
Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, amen.
Mes bien chers frères et sœurs,
Mes très chers fils,
Nous venons d’entendre ces paroles du Seigneur : « Celui qui me mange, lui aussi vivra par moi. Tel est le pain qui est descendu du ciel : il n’est pas comme celui que les pères ont mangé. Eux, ils sont morts ; celui qui mange ce pain vivra éternellement. »
L’Évangile nous rapporte que les auditeurs ont réagi fortement : « Cette parole est rude ! Qui peut l’entendre ? » Et quelque chose en nous proteste de même contre l’idée de manger la Chair du Seigneur Jésus et de boire son Sang. Et pourtant, c’est l’unique pain de vie : « Si vous ne mangez la chair du Fils de l’homme et ne buvez son Sang, vous n’aurez pas la vie en vous. » dit le Seigneur Jésus.
Ce n’est pas sans raison que dès sa naissance Jésus nouveau-né a été déposé par sa sainte Mère, la Vierge Marie dans une mangeoire, à Bethléem, ville dont le nom signifie : « maison du pain ». C’était un signe prophétique. Cette mangeoire est pour le troupeau, pour nous. Nous sommes les brebis du Seigneur, il nous a acquises en donnant sa vie. Pour vivre de la vie divine, nous devons manger ce Corps qu’il nous offre. Quand le prêtre dépose l’Hostie consacrée sur la patène puis sur notre langue, il reproduit le geste de la Sainte Vierge. Il prépare notre nourriture surnaturelle.
La parole « rude » du Seigneur s’enveloppe d’une grande douceur dans sa réalisation concrète de la célébration de la Messe. Sous les apparences du pain et du vin, il nous est beaucoup plus facile de consommer le Corps et le Sang de Jésus, et de nous unir à lui.
Pensons à l’œuvre qui se réalise en nous à chaque communion. Nous entrons en communion avec le Verbe incarné et avec l’Église. Nous participons à la Croix et à la Résurrection du Seigneur. Nous prenons part à sa louange parfaite du Père dans l’Esprit-Saint. Nous nous associons à la rédemption du monde. À chaque communion, nous posons l’acte le plus puissant et le plus aimant de notre vie. Nous louons Dieu parfaitement, nous recevons Jésus dans notre cœur, nous actualisons notre appartenance au Corps de l’Église, et nous nous donnons pour le salut de nos frères et sœurs.
Oui, aimons communier. Aimons recevoir Notre Seigneur. Avec Notre Dame, préparons-nous avec ferveur et humilité. Avec elle encore, après la communion, demeurons dans une profonde action de grâce. Et ensuite, puisque nous avons reçu Jésus, comme la jeune Marie, partons au service de nos frères, malgré les difficultés de nos journées. Notre Dame, lors de la Visitation, a franchi les montagnes parce que son cœur était plein de la joie de Jésus.
Oui, le pain eucharistique est un pain vivant. Une journée ornée d’une communion est une journée de grâces. Nous savons que le Seigneur la vit avec nous. Nous savons que tout, dans cette journée, est consacré à Dieu. Nous vivons une vie débordante, même si la maladie restreint notre activité.
Comme elle est belle, d’ailleurs, la communion d’un malade alité. Le Seigneur vient prendre soin de sa brebis souffrante. Il vient lui-même communier à ses souffrances. Nous ne sommes plus seuls et la journée prend tout son sens. La communion est importante aussi à l’heure de la mort. Elle consacre toutes les angoisses par lesquelles nous passons. Le Psaume 22 nous fait chanter : « Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal, car vous êtes avec moi : votre bâton me guide et me rassure. Vous préparez la table pour moi devant mes ennemis. » Cette nourriture donnée à la brebis au moment du passage de ce monde au Père, nous l’appelons le viatique, l’aliment pour la route. Aux personnes malades et mourantes, pensons à procurer ce soin spirituel des sacrements. Le Seigneur les soulagera et les gardera dans ces heures de combat. Il leur donnera la dignité d’une mort chrétienne confiante, accueillie, abandonnée entre les mains du Père, à l’image du Christ en croix.
La Vierge Marie, qui était debout auprès de son Fils, se tient aussi auprès de tous les autels et de tous les tabernacles, et elle sera encore là pour prier pour nous à l’heure de la mort.
En attendant cette dernière heure, recevons et adorons chaque jour le Seigneur Hostie en préparation à la communion ultime, la communion éternelle, quand au Ciel l’Agneau de Dieu sera éternellement notre nourriture et notre lumière, à la gloire du Père, dans le Saint-Esprit.
Amen.