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Solennité de l’ASCENSION du Seigneur,

Jeudi 30 mai 2019, Notre-Dame de TRIORS.

Mes bien chers Frères, mes très chers Fils,

La solennité de ce matin fait mémoire de l’Ascension de Notre Seigneur, 40 jours après Pâques (Mc. 16,14-20). La dernière conversation du Seigneur avec ses disciples relatée par le livre des Actes fait envisager un nouveau mode de présence du Christ avec nous (Act. 1,6-11). Le Seigneur Jésus quitte physiquement le monde visible, mais c’est pour se rendre présent plus intimement et plus efficacement dans notre vie pascale qui se nourrit des sacrements : ceux-ci nous donnent sans cesse sa vie : Pleins de joie, puisons l’eau de la vie, prophétisait Isaïe (12,3). L’évangile de S. Luc (24,49-53) associe cette effusion de joie à la prochaine venue du Saint-Esprit et, par là, la formation de l’Église, lors de la Pentecôte qui sera fêtée dans dix jours.

Au delà du ciel ouvert où disparaît dans la nuée le Corps de Jésus, le mystère de l’Ascension préfigure ainsi à divers titres pour les chrétiens le ciel ouvert de la vie éternelle. Étienne lorsqu’il affronta ceux qui allaient le lapider, vit le ciel ouvert et Jésus dans sa gloire (Act. 7,56). Aujourd’hui même, nous aussi avons accès au même mystère. L’oraison de la fête nous invite tous à habiter déjà au ciel à la suite d’Étienne et de tous les saints, in caelestibus, par la douce tension de la vie spirituelle ; oui, apprenons à voir notre vie comme le noviciat de notre éternité.

Le mystère de ce jour inspire aux saints, nos frères aînés et premiers de cordée, un zèle heureusement provocant. Par exemple, Guerric d’Igny au XIIème s. nous engage à ne pas ramper. Je le cite : Notre divin Sauveur, durant Sa vie mortelle, exerçait ses Apôtres à Le suivre dans son Ascension glorieuse, de même que l’aigle excite ses petits à voler et vole lui-même à l’entour pour les provoquer davantage. S’Il nous voit trop faibles, espérons qu’Il aura pitié de notre faiblesse, et qu’Il étendra ses grandes ailes, pour nous prendre dessus, et nous porter jusqu’au Ciel. Accordez-nous, Seigneur, de ne pas être des aiglons trop paresseux ou trop lâches. S. Paul s’est élevé jusqu’au troisième ciel : le moins que nous puissions faire nous autres, c’est de ne pas ramper.

Le Bx Pierre Vigne, notre voisin ardéchois, cite un auteur ancien reprochant au grand nombre d’aimer trop leur étable d’ici-bas, oubliant leur demeure véritable. Avec un autre saint, il commente le Viri Galilaei, qui a servi de chant d’entrée tout à l’heure : Ô Galiléens, pauvres voyageurs ! Pourquoi vous arrêter, âmes lâches ! Le travail que vous avez à faire est court, et la joie qui vous attend est éternelle… Vous regardez le ciel, et en même temps vous le négligez ! Sachez qu’on ne l’acquiert pas avec les yeux seulement, mais avec de saintes élévations du cœur et de saintes occupations.

Pourtant, nous le savons bien, dédaigner le créé ne saurait honorer le Créateur ; bouder la terre n’honore pas le ciel. Ce que Dieu attend de nous, c’est d’arracher tout désordre dans notre regard sur le créé : voilà le combat implacable et de tous les instants, jusqu’au bout. Selon S. François de Sales, l’amour propre ne meurt qu’après notre corps (Lettre, 7 juillet 1620). Le combat spirituel fait partie du gémissement de la création en attente de la plénitude du salut, ce dont parle S. Paul (Rom. 8,20-23) : La création a été assujettie à la vanité, non pas de plein gré, mais par la volonté de celui qui l’y a soumise. Néanmoins elle a l’espérance d’être un jour affranchie de cette servitude, de devenir partie prenante de la liberté glorieuse des enfants de Dieu. Nous aussi qui avons les prémices de l’Esprit, conclut S. Paul, nous gémissons avec elle, attendant l’adoption la rédemption de notre corps, sauvés que nous sommes déjà en espérance.

Per admirabilem Ascensionem tuam, libera nos Domione. Les saints, libérés de leurs ambi-guïtés, admirent pleinement le mystère de ce jour avec de belles formules : Ô mon très aimable Jésus, que j’ai de la joie de Vous considérer dans la magnificence et dans les grandeurs de Votre triomphante Ascension ! (Père d’Argentan +1680). À nouveau, mettons nous à l’école du Bx Pierre Vigne, si accessible et si ardent à la fois : Avec le secours de ta grâce, Jésus mon Sauveur, jamais je n’oublierai ta bienheureuse Passion, qui est la cause de mon bonheur. Jamais je n’oublierai ta glorieuse Résurrection qui me fortifie dans la foi et dans l’espérance de ressusciter comme toi. Jamais je n’oublierai ton Ascension qui m’a tracé le chemin de mon bonheur. Il poursuit en nous orientant vers la sainte Eucharistie : Ton Sacrement me propose ces trois mystères que j’y adore. De grâce, achève en nous ton grand ouvrage, afin que nous puissions te louer éternellement des dons que tu nous faits et que nous t’offrons… Oui, je crois que Tu es présent dans cette Sainte Hostie (Heures Nouvelles, 1ère partie, p. 160).

Ste Jeanne d’Arc a été brûlée sur le bûcher de Rouen un 30 mai, tout comme aujourd’hui. Avec S. Étienne et tant d’autres saints, elle a vu alors les cieux s’ouvrir pour elle. Elle reçut au petit matin pour la dernière fois la Communion en prison, puis fut immédiate-ment conduite au supplice sur la place du Vieux Marché. Elle demanda à l’un de ses prêtres de tenir devant le bûcher une croix de procession. C’est ainsi qu’elle mourut en regardant Jésus Crucifié et en prononçant plusieurs fois et à haute voix le Nom de Jésus (Benoît XVI, 26 janvier 2011). L’expression de la foi de l’Église est bien là, associant Passion et Ascension. Notre Dame Mère de l’Église nous apprend cela devant l’Eucharistie : Oui, je crois que Vous êtes présent dans cette Sainte Hostie. Mais, Seigneur, fortifiez la faiblesse de ma foi. Beau Soleil du monde, remplissez mon âme de votre Lumière (Cf. Bx Pierre Vigne). Amen.

 

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