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Mémoire de la Bienheureuse Vierge Marie Reine

Samedi 22 août 2026

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, amen.

Mes bien chers frères et sœurs,

Mes très chers fils,

Soyons dans une grande joie : la Vierge Marie règne dans les cieux et sur la terre. C’est ce que nous avons chanté dans l’Introït. Les Anges se réjouissent vraiment de cette solennité. Ils sont dans une immense gratitude envers Dieu pour le don d’une telle souveraine. Comme eux, Gaudeamus — réjouissons-nous. Comme pour la fête juive des Tentes, la joie est de précepte. Il nous faut l’expérimenter et laisser ce qui est exagérément morose et qui ne vient pas de Dieu.

Comme Épître, nous avons entendu un passage de l’Ecclésiastique qui fait l’éloge de la Sagesse éternelle. Ce texte donne la parole à la Sagesse, mais la liturgie de l’Église s’est emparée de ce discours pour le mettre sur les lèvres de la sainte Vierge elle-même. Relisons-le ensemble.

« Je suis sortie de la bouche du Très-Haut ». Marie sait qu’elle a été créée. Elle n’est pas divine, mais elle vient de celui qui a dit « Que Marie soit » et Marie fut. Et Dieu vit que Marie était très bonne. Et il la nomma « Pleine de grâce » parce qu’elle devait devenir la Mère de son Fils et de tous les sauvés. Notre Dame sait donc aussi qu’elle est en lien intime avec la Parole du Très-Haut, le Verbe de Dieu, dont elle est devenue la Mère. « Je suis sortie de la bouche du Très-Haut ».

Malgré sa profonde humilité, elle reconnaît la grandeur des choses que Dieu a faites pour elle. « Le Puissant fit pour moi des merveilles. » Elle se proclame « la première née avant toute créature ». La première née ? Oui, non pas selon l’ordre de la chronologie mais selon l’ordre de l’intention. Car si au commencement Dieu créa le ciel et la terre et non la Vierge Marie, il n’en est pas moins vrai que dès le commencement, et avant de créer le ciel, Dieu avait en vue l’Incarnation de son Fils pour le salut des hommes et donc aussi la créature parfaite que serait Notre Dame. Notre Dame est l’unique pure créature qui soit parfaite en tout. Dès avant la création, elle résidait dans les projets de Dieu, dans les hauteurs les plus élevées, les profondeurs les plus intimes du cœur de Dieu. Elle était dès son origine pleine de grâce, ornée des plus hautes perfections. « Son trône était sur une colonne de nuée ». Les Anges eux-mêmes devaient lever les yeux pour la regarder, la contempler dans le dessein divin, selon ce que Dieu voulait leur en communiquer. À leur regard, elle était dans la nuée : ils ne comprenaient pas bien son mystère. Ils adoraient en silence et en exultation. La pleine de grâce, encore dans les desseins divins, viendrait un jour dans la réalité. La vierge enfanterait le Fils du Père. La chair serait partie prenante du mystère de Dieu.

La Vierge Marie contemple ensuite la mission terrestre que Dieu lui a confiée : celle de prendre soin de tous les hommes et de toutes les nations : « Je me suis tenue sur toute terre et parmi tous les peuples, et j’ai été à la tête de toutes les nations. » La Mère du Rédempteur des hommes prend part à la mission de salut de son Fils. Elle met tout son cœur à ce devoir maternel. Elle est mère du Christ total. Les membres de son Fils, ceux qui ont déjà la grâce et ceux qui y sont appelés, sont l’objet de sa diligente sollicitude. Oui, Notre Dame est sur tous les continents. Oui, elle prend soin de toutes les âmes, même de celles qui semblent rejeter son Fils avec le plus de détermination ou de celles qui vivent dans une indifférence conditionnée par l’industrie du divertissement. Pour tous, la Mère de Jésus dit : « Ils n’ont plus de vin. »

Son adhésion à la puissance de Dieu est si intègre qu’elle ne craint aucune force créée. Unie au Tout Puissant, elle dépasse les plus grands comme les plus humbles. Elle ne le cède en rien. Elle nous enseigne à ne tenir notre solidité que du Rocher qu’est Dieu.

Son exemple est un enseignement infaillible. Nous voulons la regarder et l’écouter. « Ceux qui m’écoutent ne seront pas confondus, dit-elle, ceux qui agissent sous mon regard, en ma dépendance, ne pécheront point. » Quelle confiance. Nous appartenons à celle qui appartient à Dieu. Elle n’est pas un intermédiaire de trop, elle est le raccourci par lequel nous allons à Dieu, elle est le lien, l’adhésif extrafort, la soudure qui nous unit à Lui.

« Qui me choisit, qui me met en lumière aura la vie éternelle. » C’est une promesse pleine d’espérance. À ceux qui ont choisi Notre Dame comme reine, à ceux qui enseigneront aux autres la dévotion à la Vierge Marie est promise la vie éternelle. Pourquoi ? Parce qu’on ne peut pas choisir Marie et la proposer aux autres sans adhérer à toute la doctrine de la Sainte Église, sans recevoir Jésus son Fils qui est notre Sauveur et par qui nous voulons rendre gloire au Père, unis dans l’Esprit, dans les siècles des siècles.

Amen.