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Mercredi des Cendres

Mercredi 18 février 2026

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, amen.

Mes bien chers frères et sœurs,

Mes très chers fils,

Avez-vous remarqué que, dans l’ensemble des quatre Évangiles, les hommes et les femmes qui entrent au contact du Seigneur reçoivent tous un surcroît de paix ? Ces hommes et ces femmes qui du moins accueillent le Seigneur, car ceux qui le refusent s’enfoncent dans la confusion et l’agitation.

Oui, tous, du plus petit berger à qui l’Ange annonce « la paix aux hommes » jusqu’aux plus grands apôtres au lendemain de Pâques, reçoivent la Paix qui vient de Dieu. Ces personnes, que leur péché avaient désaccordées, Jésus est venu les accorder.

Les grands saints de l’Évangile eux-mêmes ont reçu cette paix. Notre Dame était dans l’attente, et la voilà dans la possession. Saint Joseph, plongé dans l’interrogation, accueillit la lumière de l’Ange et se vit soudain dépositaire de la Vierge Marie et de son Enfant. Les vieillards de Jérusalem, Syméon et Anne, se laissèrent envelopper par la joie et la détente : leurs yeux ont vu le Salut promis à Israël.

Mais nous ne sommes pas de cette grande sainteté et nous faisons chaque jour l’expérience cuisante de notre égoïsme encore bien revendicatif. Nous lui cédons trop souvent et nous commettons ces péchés qui nous troublent toujours davantage. Comment retrouver la paix de notre conscience ?

Il n’y a qu’un moyen, et l’Église nous l’indique formellement aujourd’hui : reconnaître que nous sommes poussière, que nous avons péché, mais que le Seigneur est venu nous sauver. Le Carême est la période consacrée à ce retour à la vie d’enfants de Dieu. Nous allons marcher vers Pâques, aux côtés des catéchumènes. Nous allons fêter la grâce de notre baptême qui nous a rétablis en paix avec Dieu.

Cette paix, nous la recevrons de la paix trinitaire. Nous la recevrons de la paix du Sacré Cœur. Et nos efforts pour en vivre auront un écho dans le monde actuellement si perturbé. Nous allons offrir nos prières, nos efforts de charité et nos jeûnes pour l’Église entière et pour le monde. Vendredi, nous allons en particulier nous unir à la prière et au jeûne demandés par nos Évêques pour obtenir de Dieu que la cité protège sans condition toute vie innocente, même infirme.

Le Seigneur, dans l’Évangile que nous venons d’entendre, nous exhorte à ne pas traduire dans notre extérieur les peines du jeûne qui peuvent nous tenailler intérieurement. Ce serait, comme dit saint Benoît, « chercher à passer pour saint avant de l’être ». Mais pour autant, le Seigneur nous demande-t-il un sourire de façade alors que le corps est dans l’affliction ? Nous demande-t-il une hypocrisie ?

Non. Le Christ Jésus nous indique que le jeûne est une pratique joyeuse, au fond, parce qu’elle nous ramène à l’essentiel, à notre Dieu qui est paix et joie. Par le jeûne, nous refusons les gourmandises en tout genre, nous nous défaisons de nos esclavages, nous affermissons notre liberté et cette liberté retrouvée est une grande joie. Il est alors tout naturel d’avoir un abord aimable.

Quand la longueur de la pénitence se fera sentir, rappelons-nous cette joie personnelle de l’union à Dieu. Faire la volonté de Dieu est la nourriture de tout disciple du Christ. Rappelons-nous que nous agissons pour l’Église et dans l’Église, et que l’Église entière traverse ce temps de pénitence, pour le salut du monde.

Et surtout, demandons à la Vierge Marie la grâce de fixer nos regards sur son Fils. Il marche résolument vers Jérusalem où il va vaincre le Prince de ce monde, vers Jérusalem où il va rendre vie à tout homme qui n’était plus que cendre, vers Jérusalem où il va constituer son Église, société bienheureuse de la louange de son Père.

Amen.