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Solennité de la Nativité du Seigneur
Messe de minuit

Lundi 25 Décembre 2023

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, amen.

Mes bien chers frères et sœurs,

Mes très chers fils,

« Soyez sans crainte », dit l’Ange aux bergers. « Soyez sans crainte ! Oui, vous me voyez, moi qui suis un Ange, et cela vous effraie, mais je suis envoyé par Dieu pour vous annoncer la plus heureuse des nouvelles. N’ayez pas de crainte, non plus, devant la grandeur des manifestations de Dieu. Bien sûr, il est nécessaire à la créature de craindre son créateur avec révérence, mais la crainte servile, il faut la laisser de côté, surtout cette nuit. Vous voyez un Ange dans la nuit bien sombre, et bientôt il sera accompagné d’une multitude d’autres, qui forment les armées du Ciel et je comprends bien que ce soit terrifiant. Mais si vous voulez vous rassurer, allez voir le Petit qui dort à quelques pas de là. »

Oui, les bergers sont invités à aller rendre visite au Fils de la glorieuse Vierge Marie, à Jésus, Sauveur du monde, vrai Dieu et vrai homme, mais ce Fils majestueux se présente dans la situation la plus humble qui soit : il est un nourrisson, il est couché dans le râtelier où mangent des animaux. Vraiment, il est désarmé, et il commence dès à présent son enseignement. Il nous dit dès maintenant qu’il n’est pas venu pour se venger, mais pour être une nourriture. C’est sa justice à lui que de vaincre le mal par le bien. La seule arme du Seigneur, et elle est invincible, c’est de se donner avec vulnérabilité, comme nourriture pour notre guérison et pour notre marche vers le cœur de Dieu.

Comme les bergers, nous pourrions être effrayés, nous aussi. Dans la nuit de notre temps, nous ne voyons pas un Ange, mais les visages livides des maîtres de ce monde qui veulent, sous couvert de bienveillance, semer la mort. Nous pourrions être effrayés quand se profilent des textes législatifs qui se proposent d’assurer l’impunité, et même d’encourager ceux qui interrompent les vies humaines les plus vulnérables, la vie avant même la naissance et la vie des personnes âgées.

Mais l’Enfant de la crèche montre déjà, il clame silencieusement, que c’est cette vie vulnérable qui assure la nourriture à toute l’humanité. Ne nous laissons pas ébranler et défendons sans broncher, sans trembler, la valeur sacrée de toute vie humaine. Les Évêques de France ont invités tous les chrétiens de notre chère patrie à une prière spéciale à cette intention cette nuit. Supplions notre Dieu, qui s’est fait si proche, qu’il mette promptement un terme à la spirale de l’égoïsme meurtrier, et de l’impiété hédoniste. Avec nos Évêques et tous nos frères et sœurs de l’Église catholique qui est en France, implorons l’Enfant Jésus en ces termes :

En cette nuit de Noël, où Dieu vient visiter notre humanité et vivre une vie semblable à la nôtre, nous vous prions Seigneur, avec toutes les paroisses de France, pour le respect et la protection de la vie, de sa conception à sa fin naturelle.

Que la lumière de Bethléem éclaire avec force et douceur ceux qui nous gouvernent afin que ceux qui sont chargés d’élaborer et de voter les textes législatifs, prennent mieux conscience du fait que toute vie est un don pour l’humanité, que toute vie est digne et respectable.

Qu’en cette nuit de Noël, chacun d’entre nous, toujours plus conscient du don merveilleux de la vie, s’engage davantage auprès des plus fragiles et des plus vulnérables pour construire une civilisation authentiquement humaine.

Oui, nous voulons retrouver une civilisation authentiquement humaine, une civilisation qui mette en honneur les lois divines inscrites dans nos cœurs humains, en particulier le respect de la vie et l’honneur de la famille. Car nous ne voulons pas non plus des substitutions déséquilibrées que l’on tente de nous imposer pour dissoudre la famille.

Récemment, il nous a été raconté que l’un de nos Évêques, le jour de son sacre épiscopal, a voulu commencer ses remerciements en saluant sa « première Église ». Il se tournait alors vers son père et sa mère, présents au premier rang de l’assemblée. Oui, un père et une mère, c’est la première Église de tout enfant, c’est l’Église domestique. Il n’y a pas d’autre berceau dans le plan de Dieu, pour accueillir une vie qui vient au monde. La famille, composée d’un père, d’une mère et, si Dieu veut, de frères et sœurs, est le porche d’entrée de la grande Église de Dieu. Et dans l’Église, le chrétien trouve tout ce qui lui permet de parcourir son pèlerinage terrestre, en union indéfectible avec le Pape, aujourd’hui le Pape François, qui tient sur la terre la place du Christ.

Alors réjouissons-nous de toutes les familles, de tous les pères et mères qui vivent la voie de sainteté de l’indissoluble mariage. Prions aussi pour les familles blessées qui souhaiteraient retrouver cette harmonie. Remercions le Seigneur pour toute la fidélité qui se déploie et qui offre un berceau accueillant aux vies humaines que Dieu donne. La fécondité humaine est une participation à la fécondité en Dieu que nous avons chanté dans l’Introït. Toute génération humaine est un prolongement créé de la génération éternelle du Verbe.

Puisse la Vierge Marie, avec saint Joseph son très chaste époux, bannir nos craintes et remplir la nuit de notre monde avec la joyeuse lumière de l’Enfant qui vient de naître.

Amen.